L'accès à l'eau, l'Afrique et la gouvernance mondiale
seront les principaux thèmes abordés par les ministres
de l'Environnement du G8, mis à l'abri dans la capitale.
Pendant ce temps, à Angers, les " alter " continueront
leur résistance.
" Si vous attendez de ce G8 Environnement un programme
avec un objet précis et des financements, vous serez
déçus. Ce n'est qu'une rencontre de responsables
politiques, pas un gouvernement du monde. Notre objectif est
de faire avancer la réflexion sur un certain nombre
de grands sujets environnementaux, et notamment de soutenir
le Sénégal, qui est chargé de ces questions
au sein du NEPAD. " C'est un profil volontairement modeste
qu'a affiché, mercredi, Henri-Luc Thibault, responsable
du service des Affaires internationales du ministère
de l'Environnement, en présentant les enjeux du G8
Environnement qui s'ouvre aujourd'hui à Paris. Avec,
comme fil conducteur, la question de l'eau, cette réunion
" sectorielle " doit préparer le G8 (États-Unis,
Russie, Japon, Canada, Allemagne, France, Grande-Bretagne,
Italie) des chefs d'État, prévu à Evian
les 1er, 2 et 3 juin prochains (lire l'Humanité du
4 mars 2003).
Au menu des ministres, ce week-end, trois thèmes principaux
: l'Afrique, qui sera d'ailleurs représentée
par le ministre sénégalais de l'Environnement,
M. Modou Fada Diagne ; la définition de modes de production
et de consommation plus durables ; et, enfin, la question
de la gouvernance mondiale. Sur ce dernier point, le secrétaire
d'État belge à l'Énergie et au Développement
durable, Olivier Deleuze, et une cinquantaine de personnalités
françaises, dont les anciens ministres français
Yves Cochet, Dominique Voynet et Corinne Lepage, ont appelé,
à l'initiative de l'association Agir pour l'Environnement,
les ministres du G8 à promouvoir la création
d'une Organisation mondiale de l'environnement (OME), idée
lancée en avril 2000 par Lionel Jospin et reprise depuis
par Jacques Chirac. " L'ONU manque d'une véritable
autorité politique dédiée à l'environnement
global, capable de faire contrepoids à l'Organisation
mondiale du commerce ", le Programme des Nations-unies
pour l'environnement (PNUE) n'étant qu'un organisme
" subsidiaire de coordination, sans financement ni mandat
adéquat ", affirme le texte. Fondée sur
le PNUE, une OME " procéderait d'une réorganisation
des compétences environnementales actuellement dispersées
au sein d'une douzaine d'organisations internationales et
de nombreux secrétariats d'accords multilatéraux
sur l'environnement ". Pendant le week-end, la France
et l'Allemagne devraient plaider de concert la cause de cette
OME, affrontant, sur ce sujet comme sur bien d'autres, l'opposition
des États-Unis.
À quelque 300 kilomètres de là, militants
associatifs, syndicalistes, alter-mondialistes, simples citoyens
se retrouveront dans la petite bourgade de Mûrs-Erigné,
non loin d'Angers (1), pour dire leur refus de la politique
libérale incarnée par le G8 (2). Certains d'entres
eux auront d'ailleurs pu faire part aux ministres de leur
point de vue, une rencontre entre la " société
civile " et le sommet officiel étant prévue
demain après-midi à Paris. " C'est plutôt
intéressant de pouvoir s'adresser directement aux ministres,
et aux ministres ensemble ; cela crée une forme de
tension politique, explique le directeur de Greenpeace France,
Bruno Rebelle. Car en demandant au ministre russe quand son
pays compte ratifier le protocole de Kyoto, on a une chance
que la question soit reprise, ensuite, par les ministres eux-mêmes...
"
Alexandre Fache
(1) Plus d'informations sur le contre-sommet des associations
sur le site http://www.gmonde-env.org
(2) Samedi, une manifestation sera d'ailleurs organisée
à Angers, le rendez-vous étant fixé place
La Rochefoucauld à 14 heures. À Paris, un rassemblement
" contre les guerres de l'énergie, contre le G8
Environnement " est prévu place du Châtelet,
à 14 h 30.

|