L'environnement n'est pas une marchandise :
Appel à la création de l'Organisation Mondiale de l'Environnement
Agir pour l'Environnement - 23 avril 2003


Paris, le 23 avril 2003 : A l'occasion de l'ouverture du G8 environnement réunissant les ministres des 8 pays les plus " riches " de la planète, Agir pour l'Environnement rend public un Appel à la création de l'Organisation Mondiale de l'Environnement et invite les citoyens à soutenir cette initiative.

Devant l'hégémonie du libre-échangisme, de plus en plus de voix s'élèvent, en effet, pour réclamer des mesures contraignantes en faveur de l'environnement, seules à même de remettre en cause les logiques productivistes dominantes. Mais la primauté de l'économique sur l'environnemental rend toute mesure préventive largement aléatoire et soumise au bon vouloir d'un accord dans les enceintes de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Cette primauté prospère de l'absence d'une Organisation Mondiale de l'Environnement. A l'ONU, l'environnement est en effet victime d'un oubli historique. Alors que la santé, le travail, la culture et l'éducation, l'alimentation ou même la propriété intellectuelle possèdent chacun leur propre institution spécialisée au financement propre, l'environnement n'est doté que d'un programme subsidiaire de coordination, sans financement ni mandat adéquat, le Programme de Nations Unies pour l'Environnement.

De fait, l'ONU manque d'une véritable autorité politique dédiée à l'environnement global, capable de faire contrepoids à l'OMC, capable de limiter la réification de nos vies, de la nature et de notre planète. Fondée sur la base du Programme des Nations Unies pour l'Environnement, l'OME constituerait le cadre unique des politiques de protection de l'environnement global (climat, couche d'ozone, océans, désertification, biodiversité et bientôt forêts, eau potable, ressources énergétiques, agriculture, écofiscalité, responsabilité environnementale des entreprises). Sa construction procéderait d'une réorganisation des compétences environnementales actuellement dispersées au sein d'une douzaine d'organisations internationales et de nombreux secrétariats d'accords multilatéraux sur l'environnement. Parallèlement, une certaine transversalité des politiques environnementales, inhérente à la notion de développement durable, serait conservée.

La gouvernance mondiale de l'environnement ne doit plus être l'affaire exclusive des Etats. La voix des citoyens, des collectivités territoriales, des ONG et des acteurs économiques du Sud doit aussi pouvoir trouver un écho dans le choix des politiques environnementales, par l'intermédiaire de conférence de citoyens, de la reconnaissance du droit de pétition ou par le lancement de grandes campagnes d'éducation à l'environnement.

L'altermondialisation se construit par et pour les citoyens. Les mois qui viennent seront riches en événements de cette nature : du contre-G8 au FSE, 2003 sera une année pendant laquelle l'idée de l'OME doit faire son chemin pour aboutir à une réforme de la gouvernance mondiale de l'environnement.

Les signataires du présent texte se mobilisent et appellent les chefs d'Etat et de gouvernement, en particulier ceux du Sud et des Etats-Unis, ainsi que le Secrétaire général de l'ONU, à engager cet ambitieux chantier avec conviction. Il convient pour ce faire de convoquer rapidement une conférence internationale ad hoc rassemblant les officiels des organisations onusiennes, les représentants des pays membres de l'ONU et les acteurs de la société civile.

L'Appel en faveur de la création d'une Organisation Mondiale de l'Environnement est d'ores et déjà signé par une cinquantaine de personnalités dont Yann Arthus-Bertrand, photographe ; Dominique Bernard, Président d'Agir pour l'Environnement ; Simone de Bollardière, militante pour la paix ; Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO ; Yves Cochet, ancien ministre de l'environnement ; Olivier Deleuze, Secrétaire d'Etat à l'Energie et au Développement Durable, Membre du Gouvernement fédéral belge ; François Dufour, vice président d'Attac France, porte parole national de la Confédération paysanne ; Daniel Esty, professeur à l'Université de Yale (Etats-Unis) ; Susan George, vice-présidente d'Attac France ; Antonio Nicolás Gillari, Directeur Général de " Multimedios Ambiente Ecológico " (Argentine) ; Marie-Angèle Hermitte, directrice de recherche au CNRS ; Albert Jacquard, Philosophe écrivain ; Marc Jolivet, Humoriste ; Alexandre Kiss, Président du Conseil européen du droit de l'environnement ; Bettina Laville, Présidente d'honneur du Comité 21 ; Patrick Legrand, Président d'honneur de France Nature Environnement ; Jo Le Guen, navigateur, Keep it blue ; Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l'environnement ; Bernard Maris, Professeur des Universités, écrivain ; Edgar Morin, Philosophe et écrivain ; Jacques Nikonoff, Président d'Attac France ; René Passet, Professeur émérite d'économie à l'Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne ; Jean-Marie Pelt, président de l'Institut Européen d'Ecologie ; Piém, Dessinateur ; Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat ; Jacques Robin, fondateur de Transversales Science Culture ; Alain Saumon, Président du Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde - France ; Vandana Shiva, écologiste indienne, présidente de la " Research Foundation for Science, Technology and Natural Resource Policy " ; Siné, dessinateur ; Jacques Testart, président de la CFDD ; Dominique Voynet, ancienne ministre de l'environnement…

Le texte de cet appel ainsi que la liste complète des signataires sont disponibles sur le site d'Agir pour l'Environnement (www.agirpourlenvironnement.org).

Une table ronde sur le thème de la Gouvernance mondiale de l'environnement sera animée par Agir pour l'Environnement, au Gmonde d'Angers (sommet alternatif au G8 environnement) vendredi 25 avril 2003 à 14h30.

Contact presse :
. Narito Harada - Tél. 01.40.31.34.48 / 06.63.61.05.15
. Laure Guillot - Tél. 06.62.71.12.25

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