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aux sénateurs et sénatrices
Paris, le 07 juin 2004
Madame, Monsieur,
La discussion en séance publique de
la Loi d'Orientation sur l'Energie aura lieu les 9 et 10 juin
prochains. Ce projet de loi se fixe pour objectif une diminution
par 4 de nos rejets de gaz à effet de serre, responsable
du dérèglement climatique.
Les conséquences annoncées de
ce dérèglement climatique doivent donc connaître
des mesures concrètes inscrites dans la loi. Or, force
est de constater qu'au delà de l'affichage, rien n'est
prévu pour diminuer drastiquement nos émissions.
Pire, le Gouvernement vous propose de remplacer l'article
L-224.1 du code de l'environnement par un énoncé
laxiste. Cet article, bien qu'étant resté
inappliqué depuis 1996, faute de décret d'application,
permettrait pourtant aux autorités publiques de proscrire
toute publicité incitant à un usage irrationnel
de l'énergie.
Alors que le nombre de véhicules à
quatre roues motrices -extrêmement émetteur de
gaz à effet de serre- ne cesse d'augmenter, notamment
dans les centres urbains, lieux pour lesquels ils demeurent
inadaptés ; alors que le boom de la climatisation devient
une normalité sociale surprenante sous nos latitudes
tempérées ; alors qu'EDF continue à promouvoir
massivement la chauffage électrique et autres ampoules
classiques, nous ne pouvons qu'être surpris de voir
le Gouvernement proposer le retrait de cet article L-224.1
du Code de l'Environnement, l'un des seuls outils juridiques
opérants à ce jour en France pour lutter contre
les messages publicitaires ayant un impact sur le dérèglement
climatique.
Lors du passage de cette Loi d'Orientation
sur l'Energie au Sénat, nous vous serions reconnaissants
d'amender l'article 6 du Chapitre II (La maîtrise de
l'énergie dans les bâtiments) du Projet de Loi
sur l'Energie afin de réaffirmer le caractère
fondamental de cet article. Sans cet article, il est inutile
de vouloir mener des campagnes d'information et de sensibilisation
du grand public notamment par l'intermédiaire de l'Ademe
; ces campagnes seraient immédiatement remises en cause
par d'autres acteurs publics, parapublics ou privés.
En vous remerciant par avance de l'intérêt
que vous porterez à cette demande et dans l'attente
d'une réponse de votre part, nous vous prions d'agréer,
Madame, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.
Stéphen KERCKHOVE, Coordinateur des campagnes d'Agir
pour l'Environnement

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