Agence France Presse - 07 avril 2005

Les écologistes demandent la révision "musclée" du Plan santé environnement


Une coalition de 26 associations écologistes a réclamé jeudi "une révision musclée et rapide" du Plan national santé environnement (PNSE) lancé par le gouvernement en juin 2004, à quelques semaines de son premier anniversaire. Lors d'une conférence de presse, les associations (Agir pour l'environnement, Greenpeace, WWF, Confédération paysanne etc) ont dénoncé un plan "minimaliste, très loin de ce que nous sommes en droit d'attendre pour assurer une réelle protection contre les risques liés à l'environnement". "La hausse des cancers de 40% ces 20 dernières années à âge égal, le doublement de l'asthme en 20 ans, la diminution de 50% du nombre de spermatozoïdes sur trois générations, le fait qu'un couple sur sept rencontre des difficultés à procréer ne peut laisser la place au doute et à la tergiversation", indiquent-elles. L'impact sanitaire des produits chimiques utilisés à la maison et au travail, des pollutions (air, eau, aliments), de l'exposition aux pesticides ou aux dioxines des incinérateurs a été mise en évidence dans de nombreuses études, soulignent-elles. Mais alors que l'impact de 100.000 substances chimiques en circulation n'a pas été correctement évalué, la faiblesse des moyens français en toxicologie et épidémiologie est "unanimement reconnue", a constaté André Cicollela, président de Sciences citoyennes. Le PNSE envisage la création d'une trentaine de postes, un chiffre "dérisoire", selon lui. "Le PNSE ne prévoit aucune mesure de substitution des substances chimiques dangereuses, ni aucun objectif de réduction de l'usage des pesticides", dénonce Yannick Vicaire de Greenpeace France. D'autres pays européens ont pris des mesures courageuses, comme le Danemark, où un premier plan a réduit de 50% les tonnages de pesticides, tandis qu'un deuxième programme en cours doit réduire la fréquence des traitements de 1,9 à 1,4 par an, selon François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF). La France se distingue par son faible soutien à l'agriculture biologique, "qui confine à l'aumône", alors que l'Allemagne a un objectif de 20% de sa surface agricole en agriculture biologique, rappelle-t-il. Les associations lancent une campagne avec 60.000 brochures et cartes à envoyer au ministre de l'Ecologie et au commissaire européen à la santé. Le gouvernement a prévu de réviser le Plan santé environnement à l'automne.

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