La voie de la réouverture
La République des Pyrénées - 28 juillet 1998


Le président du Conseil général François Bayrou a profité d'une visite en vallée d'Aspe pour constater le bon état général du tunnel hélicoïdal d'Urdos.

Loin de ressembler à une descente aux enfers, ce fut au contraire un cri du cœur partagé par les élus aspois, hier après-midi, sur le site d'Urdos. " Ce serait un véritable crève-cœur de constater que ces ouvrages monumentaux ne servent plus à rien, " a déclaré, entre autres, le président, au cours d'une visite commentée par l'expert d'Accous, René Gouin-Rabal.

Du haut du viaduc d'Amou, qui surplombe de son élégance le nouveau pont routier, au dessus du village d'Urdos, les visiteurs du jour auront pu mesurer, avec plus de hauteur de vue, l'importance du chantier qui fut lancé sur le site en 1914. Le guide émérite du jour, René GouinRabal, aux côté du maire de la commune, Yvon Casanave, jubilait dans ses commentaires. D'autant que les invités du jour manifestaient un intérêt réel à la fois pour l'histoire de la ligne internationale chère à Louis Barthou

Autour de François Bayrou avaient pris place Jean Pierre Cazenave-Lacrouts, sous-préfet d'Oloron, Jean Lassalle, conseiller Général du canton, le local de l'étape, René Rose, maire de Borce et président du SIVOM de la vallée d'Aspe pour cette visite plutôt rare du tunnel le plus sophistiqué du parcours- Un ouvrage long de 1,793 km, pour une hauteur de voûte de 6,5m et qui monte insensiblement de 61m grâce à la technique du percement en forme d'hélice, avec des pourcentages de Pentes de 34/000 et deux courbes de 270 et 300m de rayon. Un tunnel exclusivement percé à la dynamité, avec une voûte édifiée selon la technique des cathédrales et dont les parois sont habillées de pierres de plus de 150 kilos ajustées à point vif. Là sous la lumière des torches, les visiteurs ont pu constater la totale étanchéité de l'ouvrage par trop décidé et son parfait état général. Là, à 295kms de Toulouse, comme l'indique une plaque scellée dans la paroi, le guide a fait revivre le passé dans le moindre détail. Mieux, il a fait partager sa passion pour cette ligne devenue fantomatique d puis l'accident du pont de l'Estanquet, le 24 mars 1.970. " Bien sûr qu'un TGV peut passer sous le tunnel La plupart des gabarits aussi, à l'exception des gros convois utilisés pour le ferroutage en Suisse, " a précisé M. GouinRabal sur l'une des nombreuses questions d'un François Bayrou visiblement intéressé.

Réalisable

Récemment, lors du 70ème anniversaire de l'inauguration de la gare de Canfranc, Georges Labazée, Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine, évoquait la position favorable émise par le président Alain Rousset pour la réouverture de la ligne. Au bout du tunnel, dans la lumière retrouvée, le. président du Conseil- Général des Pyrénées-Atlantiques a tenu des propos à l'unisson: " le parfait état de l'ouvrage ne peut que nous inciter à réhabiliter une ligne tracée par nos grands-parents. Les convois les plus importants, comme les TGV ou les Taigos peuvent y passer sans problème, tout comme les porte-containers. Nous voulons donc lancer un appel aux décideurs pour remettre en état cette partie du patrimoine léguée tout récemment. Nous sommes convaincus que le 2le siècle sera de nouveau le siècle du train. L'investissement, de surcroît, n'est pas insurmontable puisqu'il se situe, de ce côté ci' de la frontière, autour de 500 à 60OMF. Ce chiffre ne représente que 2% du projet du grand tunnel du Vignemale. Nous avons déjà participé au financement d'études de faisabilité, au titre du Conseil Général. Nous pouvons être les coacteurs de la réhabilitation de la ligne Pau-Canfranc. "

Des propos partagés par Jean Lassalle qui devait ajouter: " maintenant que le tunnel routier est percé, le moment est venu de concrétiser la complémentarité route-rail. Nous avons tout, ici, pour tenter une expérience de réhabilitation de voie ferrée, avec un site majestueux, en plus, sur un plan purement touristique. "

De quoi donner des ailes à ceux qui prêchent depuis de longues années pour la réouverture, en remontant vers la maison Sayerce, toujours là et occupée, qui donna le nom au tunnel hélicoïdal d'Urdos et non du Somport, comme on le confond trop souvent.

 

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