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PAU, 6 fév (AFP). La réouverture de la ligne
ferroviaire Pau-Canfranc évoquée lundi par Lionel
Jospin à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) a de
quoi réjouir ceux qui, dans les Pyrénées-Atlantiques,
militent pour cela depuis une trentaine d'années, mais
certains élus restent sceptiques.
Les propos du Premier ministre français interviennent
quelques jours après la condamnation à Pau à
six mois de prison ferme du militant écologiste Eric
Petetin, partisan vigoureux de l'arrêt des travaux routiers
en vallée d'Aspe et de la réouverture de la
voie ferrée Pau-Canfranc.
Mise intégralement en service en 1928, après
deux décennies de travaux, la ligne ferroviaire n'a
plus vu passer un seul train depuis plus de 30 ans. L'idée
de sa construction remonte aux années 1850, Français
et Espagnols souhaitant relier Pau à Saragosse, via
Canfranc, où fut achevée, en 1925, la gare internationale,
sorte de réplique de la gare d'Orsay plantée
sur le versant espagnol des Pyrénées.
Elle assurait une correspondance quotidienne avec Madrid
et une liaison tri-hebdomadaire avec Valence.
Toutefois, en mars 1970, un train de maïs dérailla
côté français, arrachant le pont de l'Estanguet,
près de Bedous. Arguant d'un déficit chronique
important, la SNCF refusa alors de rétablir la liaison,
qui se limita à un service Oloron-Bedous jusqu'en 1980
pour les voyageurs et 1985 pour les marchandises.
Témoins de cette épopée restent aujourd'hui
rails rouillés, consoles de caténaires déformées,
mais aussi 24 tunnels, dont un de 7.874 m de long, ainsi que
des ponts et des gares (certains encore en état), qui
sont autant d'arguments pour les partisans d'une reprise de
la liaison Pau-Canfranc.
"C'est la première fois qu'un chef de gouvernement
prononce de telles paroles", souligne André Lassus,
porte-parole du Collectif Alternatives Somport, même
s'il déplore ne rien savoir encore sur "les mécanismes
de financement et le calendrier".
Les écologistes, qui ont multiplié ces dernières
années les manifestations, ne sont pas seuls partisans
de la réouverture. En juillet 2000, le Conseil économique
et social régional avait souligné dans un rapport
la nécessité de développer prioritairement
la liaison ferroviaire Pau-Canfranc-Saragosse, qui permettrait
le passage de quelque deux millions de tonnes de frêt
par an, en complément d'une liaison routière,
cette dernière étant toutefois plus controversée.
Partisan de la réouverture, le député
Michel Inchauspé (RPR) a cependant émis quelques
réserves dès lundi soir sur Radio-France Bleu
Pays-Basque, estimant qu'il ne suffisait pas "de faire
un investissement, il faut trouver l'utilisateur. Et ni la
SNCF ni la RENFE ne se sont manifestées à ce
sujet".
"Il est difficile d'engager des crédits, qu'ils
soient de l'Etat, du département ou de la région,
sans connaître le gestionnaire final", a estimé
M. Inchauspé, selon qui cette réouverture, "c'est
un peu le serpent de mer alors que c'est un serpent de fer
que nous souhaiterions".
Le conseiller général Jean-Jacques Lasserre
(UDF) se déclare, lui, "extrêmement sceptique",
"eu égard au tonnage qui passera" en fait
par cette liaison. "C'est un miroir aux alouettes",
estime-t-il, "une réponse plaisante, sympathique
et non dénuée de démagogie", au
problème du transport transfrontalier.
jd/ol/liu
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