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En une dizaine de pages, Prospectives et Developpement
fait le point sur les conditions de remise en service de la
ligne ferroviaire transpyrénéenne du Somport
Peut-on réellmeent faire circuler des trains sur cette
ligne ? Pourquoi tant de responsables prétendent le
contraire ? Son exploitation sera-t-elle rentable ? Pourquoi
parle-t-on d'une traversée centrale sous les Pyrénées
? etc...
Ce sont quelques unes des questions auxquelles le groupe
d'études férroviaires de Prospectives et Développement
apporte des réponses dans un document d'une dizaine
de pages. "Nous avons voulu lutter contre l'ignorance"
à expliqué hier Michel Catuhe, président
de l'association, en ouverture d'un débat consacré
à la ligne. En dix réponses à dix questions,
il s'agit de mettre à la disposition du grand public
"l'essentiel de ce qu'il faut savoir" sur le transpyrénéen
du Somport.
Des billets à la Poste
L'échange organisé hier au Complexe de la République
a permis de rappeler quelques évidences : l'intérêt
de la ligne d'Oloron à Saragosse est de déboucher
sur le principal noeud ferroviaire du pays. Les chantiers
sont en cours pour un jour relier par train à grande
vitesse la capitale de l'Aragon à Madrid et à
Barcelone. On a pu entendre Robert Claraco, chef d'entreprise
de transports, consultant international en matière
ferroviaire, souligner que pour vivre une ligne doit reposer
sur trois piliers : le trafic régional de voyageurs,
le tourisme et les marchandises.
La remise en service jusqu'à Canfranc est évalué
à 400 millions de francs. Robret Maraco propose de
faire de la ligne "un laboratoire"... mobilisant
les grands services déjà présents en
vallée d'Aspe. EDF pourrait fournir l'énergie
; France telecom mettre en place les laisons indispensables
en matière de sécurité ; les billets
pourraient être vendus dans les bureaux de la Poste.
Le transporteur ne croit guère aux transferts de trafic
de marchandises en provenance des deux passages côtiers
de la chaîne. Il ne s'attend pas davantage à
une "explosion" des échanges. La rédaction
progressive des différences de coût de fabrication
entre les pays européens conduira, estime-t-il, à
une certaine sensibilisation du trafic marchandise. "En
matière de transport, tout ce qu'on tente contre nature,
se casse la figure" prévient-il, en rappelant
que le Somport ne se trouve pas sur un axe naturel du trafic
international. pour exploiter la ligne, il s'appuyerait donc
sur le trafic régional de marchandises, en particulier
les céréales. Il existe une certaine marge de
manoeuvre : les 20000 tonnes que pourrait accueillir chaque
jour la ligne représentent l'équivalent de 800
camions, de quoi reporter sur le rail une partie du trafic
routier à destination de saragosse. Canfranc aurait
d'autant plus une carte à jouer, que d'ici quinze ans,
ni le TGV de Barcelone, ni le TGV Madrid-Bayonne ne seront
achevés. Les chemins de fer risquent donc d'être
confrontés à la nécessité de soulager
les lignes existantes d'une partie du trafic voyageur pour
libérer des créneaux de passage pour les marchandises.
C'est dans ce contexte que le transpyrénéen
du Somport pourrait jouer sa carte et servir de soupape. Pour
les mêmes raisons, il estime probable la création
d'une nouvelle liaison entre la france et l'Espagne, via la
principauté d'Andaorre.
En revanche, il ne donne aucune chance au projet de traversée
centrale sous les Pyrénées. "Il faudra
m'expliquer comment on franchit le plateau de Lannemezan avec
la ligne actuelle." Quant aux 18 milliards nécessaires,
il faudra sans doute un certain temps pour les réunir.
Longtemps enlisé, le débat sur la ligne internationale
du Somport a été relancé, notamment à
l'occasiondes travaux de la commission transport de Béarn
XXIème siècle. On sait également que
dans ses tiroirs, le président du conseil général
possède quelques propositions de remises en service.
Le canfranc pourrait fort bien être d'actualité
pour la fin du siècle.
Hubert Bruyère
"Le transpyrénéen du Somport" (50
francs) - En vente à Prospective et Développement
- Complexe de la République-Pau (05.59.27.92.94)
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