Forte baisse des aides de l'Etat en matière de transports
Le Monde - 16 Novembre 2002


ENTRE 1990 et 2000, trente nouvelles lignes de transports en commun en site propre (TCSP) ont vu le jour. Ces réalisations - qui vont du tramway à Grenoble au VAL à Lille ou au métro à Lyon - ont renouvelé l'image des transports collectifs. Pourtant, à la lecture des projets pour la décennie 2000-2010, cet élan risque d'être freiné. Seulement 21 nouvelles lignes seront mises en service, soit un total de 223 km.

Certes, des réalisations ambitieuses continueront à voir le jour. Parmi elles, le tramway de Bordeaux, qui, début 2004, offrira 21,3 km de TCSP, et, à Grenoble, le lancement en 2003, pour une mise en service en 2005, d'une troisième ligne de tramway. La métropole lilloise, elle, va investir, d'ici à 2015, 760 millions d'euros, notamment pour le développement du tram-train. Clermont-Ferrand proposera, en 2005, 14 km de tramway sur pneus. Enfin, en 2006, Paris disposera d'un tronçon de tramway de 7,9 km sur les boulevards des Maréchaux.

Les métropoles, tout comme les villes moyennes, continueront donc à étendre leur réseau mais l'ère des grands chantiers devrait céder la place à des réalisations plus légères, et surtout moins coûteuses. Ainsi, la communauté urbaine de Nantes, qui a pris la décision, en début d'année, d'annuler un projet de prolongement de ligne de tramway sur rail au profit d'une solution de tramway sur pneu guidé optiquement. Le coût de cette technique, testée notamment à Rouen et Clermont-Ferrand, sera deux fois moins élevé que celui du projet initial, estimé à 137 millions.

L'environnement économique incertain et le souci des municipalités d'équilibrer leur budget n'expliquent pas, à eux seuls, cette nouvelle orientation. " La diminution des aides [de l'Etat] devrait, selon Michel Destot, député de l'Isère (PS), maire de Grenoble et président du Groupement des autorités responsables des transports (GART), pénaliser, en premier lieu, les agglomérations qui n'ont pas la taille et les moyens nécessaires pour se doter de métros ou de tramways. "

En effet, les infrastructures de transports bénéficient de subventions importantes de l'Etat, de l'ordre de 20 % du montant des travaux. Certaines collectivités locales peuvent y ajouter des subventions provenant du conseil général, du conseil régional, ou même de l'Europe et des contrats de plan Etat-région. Ainsi, le futur tramway de Nice pourra-t-il compter sur des subventions de l'Etat, du conseil régional et du conseil général pour près de 37,2 % du montant du chantier. Quant à Mulhouse, la municipalité devrait bénéficier, pour son tram-train, d'une aide de l'Etat, du conseil général et du Fonds européen de développement économique régional (Feder) représentant 29 % des travaux. Le GART précise que, dans le budget 2003, les aides pour les TCSP, hors Ile-de-France, resteront identiques à celles inscrites dans le budget 2002, à savoir 114,2 millions. Toujours selon cet organisme, le total des demandes de subventions pour l'ensemble des chantiers s'élève à 180 millions. De plus, le GART note que l'enveloppe consacrée aux plans de déplacements urbains (PDU) dans la loi de finances 2003 est de 13 millions, au lieu de 90 millions en 2002. Ainsi, au total, et hors Ile-de-France, TCSP et PDU ne disposeront que de 127,5 millions en 2003 contre 204,28 millions en 2002.

DOMINIQUE BUFFIER

 

> Imprimez cet article X Fermer la fenêtre