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ENTRE 1990 et 2000, trente nouvelles lignes de transports
en commun en site propre (TCSP) ont vu le jour. Ces réalisations
- qui vont du tramway à Grenoble au VAL à Lille
ou au métro à Lyon - ont renouvelé l'image
des transports collectifs. Pourtant, à la lecture des
projets pour la décennie 2000-2010, cet élan
risque d'être freiné. Seulement 21 nouvelles
lignes seront mises en service, soit un total de 223 km.
Certes, des réalisations ambitieuses continueront
à voir le jour. Parmi elles, le tramway de Bordeaux,
qui, début 2004, offrira 21,3 km de TCSP, et, à
Grenoble, le lancement en 2003, pour une mise en service en
2005, d'une troisième ligne de tramway. La métropole
lilloise, elle, va investir, d'ici à 2015, 760 millions
d'euros, notamment pour le développement du tram-train.
Clermont-Ferrand proposera, en 2005, 14 km de tramway sur
pneus. Enfin, en 2006, Paris disposera d'un tronçon
de tramway de 7,9 km sur les boulevards des Maréchaux.
Les métropoles, tout comme les villes moyennes, continueront
donc à étendre leur réseau mais l'ère
des grands chantiers devrait céder la place à
des réalisations plus légères, et surtout
moins coûteuses. Ainsi, la communauté urbaine
de Nantes, qui a pris la décision, en début
d'année, d'annuler un projet de prolongement de ligne
de tramway sur rail au profit d'une solution de tramway sur
pneu guidé optiquement. Le coût de cette technique,
testée notamment à Rouen et Clermont-Ferrand,
sera deux fois moins élevé que celui du projet
initial, estimé à 137 millions.
L'environnement économique incertain et le souci des
municipalités d'équilibrer leur budget n'expliquent
pas, à eux seuls, cette nouvelle orientation. "
La diminution des aides [de l'Etat] devrait, selon Michel
Destot, député de l'Isère (PS), maire
de Grenoble et président du Groupement des autorités
responsables des transports (GART), pénaliser, en premier
lieu, les agglomérations qui n'ont pas la taille et
les moyens nécessaires pour se doter de métros
ou de tramways. "
En effet, les infrastructures de transports bénéficient
de subventions importantes de l'Etat, de l'ordre de 20 % du
montant des travaux. Certaines collectivités locales
peuvent y ajouter des subventions provenant du conseil général,
du conseil régional, ou même de l'Europe et des
contrats de plan Etat-région. Ainsi, le futur tramway
de Nice pourra-t-il compter sur des subventions de l'Etat,
du conseil régional et du conseil général
pour près de 37,2 % du montant du chantier. Quant à
Mulhouse, la municipalité devrait bénéficier,
pour son tram-train, d'une aide de l'Etat, du conseil général
et du Fonds européen de développement économique
régional (Feder) représentant 29 % des travaux.
Le GART précise que, dans le budget 2003, les aides
pour les TCSP, hors Ile-de-France, resteront identiques à
celles inscrites dans le budget 2002, à savoir 114,2
millions. Toujours selon cet organisme, le total des demandes
de subventions pour l'ensemble des chantiers s'élève
à 180 millions. De plus, le GART note que l'enveloppe
consacrée aux plans de déplacements urbains
(PDU) dans la loi de finances 2003 est de 13 millions, au
lieu de 90 millions en 2002. Ainsi, au total, et hors Ile-de-France,
TCSP et PDU ne disposeront que de 127,5 millions en 2003 contre
204,28 millions en 2002.
DOMINIQUE BUFFIER
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