Pollution : sursis pour les plans de déplacements des grandes villes
La Provence - 12 avril 1999

La loi sur l'air fait obligation aux 65 villes de plus 100.000 habitants d'élaborer un plan pour limiter la pollution avant la fin 1999. Seules 16 d'entres elles pourront tenir le délai.

Le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, a envisagé hier à Grenoble d'accorder un délai supplémentaire de " quelques mois " aux nombreuses grandes villes retardataires qui doivent élaborer leurs plans de déplacements urbains (PDU) avant la date butoir légale fin 1999.

" Il y a une demande pour ne pas rester au 31 décembre comme date couperet.

Nous sommes en train avec Dominique Voynet (ministre de l'environnement et de l'Aménagement du Territoire), de travailler sur la meilleure façon qui permettra à ce que ces plans de déplacements urbains soient réalisés sans être rabougris ou précipités, dans les meilleurs délais possibles ", a expliqué le ministre qui ouvrait un colloque sur les PDU.

" On peut penser que l'échéance pourrait être reportée de plusieurs mois ", a-t-il ajouté devant environ 300 experts et maires réunis pour ce colloque organisé par le GART (Groupement des autorités responsables du transport) et l'Association des maires des grandes villes de France sur le thème " Des villes à vivre ".

La loi sur l'air du 30 décembre 1996 fait obligation aux 65 villes de plus de 100000 habitants d'élaborer un PDU avant la fin 1999.

Mais, le 1er avril, une enquête du GART indiquait que 16 d'entre elles seulement prévoyaient de boucler leur plan avec la fin 1999.

Favoriser les transports collectifs et les logements sociaux

Le ministre Jean-Claude Gayssot livré, " à titre indicatif ", trois orientations souhaitables pour les plans de déplacements urbains.

En premier lieu, il a insisté sur la nécessité de rechercher une véritable neutralité économique pour les usagers entre l'automobile et le transport collectif, " alors que le coût d'usage de la voiture a diminué ces dernières années, tandis que celui des transports collectifs augmentait. "

Puis, M. Gayssot a mis en avant la redéfinition nécessaire de la place du logement social et, enfin la nécessité de " reconstruire la ville sur la ville " en " résistant à la tentation d'ouvrir de nouveaux espaces à l'urbanisation sans réelle planification préalable ".

Jean-Claude Gayssot a en outre annoncé qu'une journée de synthèse sur les débats en cours serait organisée le 19 mai à Paris.

Le Premier ministre présentera alors " les orientations et les choix sur la base desquels les décisions de différents ordres, législatifs et financiers, pourront être ensuite retenus ", a-t-il conclu.

 

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