Position d'Agir pour l'Environnement sur les mesures de champ effectuées par l'Agence nationale des fréquences (Anfr) à proximité des antennes relais de téléphonie mobile :
Un mélange des genres inacceptable !!!


L'Agence nationale des fréquences vient de rendre public un rapport pour le moins complaisant à l'égard des potentielles conséquences sanitaires issues des antennes relais de téléphonies mobiles.

A l'issue de mesures concernant une centaine de sites, l'Anfr suivi de son Ministère de tutelle -le Secrétariat d'Etat à l'Industrie, tente de démontrer l'innocuité des implantations d'antennes relais, eu égard à la recommandation européenne fixant des seuils d'exposition de 41 volts par mètres pour la gamme de fréquences 900 Mhz et 58 Volts par mètre pour les 1800 Mhz.

En fixant de telles normes, la France est certaine de ne jamais les atteindre ! En effet, celles-ci ne valident pas l'hypothèse d'effets athermiques. En respectant la recommandation européenne, la France se prémunie des effets thermiques, en l'occurrence des échauffements et brûlures… fort heureusement !

Au vu des seuils d'exposition retenus au Luxembourg (3 V/m), en Suisse (4 V/m) ou encore en Italie (6 V/m), il est raisonnable de penser que la France s'est dotée d'une réglementation pour le moins laxiste non dictée par le principe de précaution. Les négociations avec les opérateurs de téléphonie mobile concernant les paiements des licences de troisième génération de téléphonie mobile (UMTS) n'entrent bien entendu pas en ligne de compte !

La communication rassurante de Monsieur Pierret, actuel Secrétaire d'Etat à l'Industrie relayant l'étude menée par l'Anfr entre dans une logique bien française du juge et partie, mélangeant allègrement autorisation administrative et décision politique !!!

Le rôle de l'Anfr est défini par la loi du 26 juillet 1996. Elle a pour mission essentielle de tenir à jour une cartographie des implantations d'antennes relais et de gérer les gammes de fréquences afin d'éviter toutes interactions entre celles-ci en autorisant les opérateurs à les utiliser.

A cela sont venues s'ajouter d'autres missions : Au cours de l'année 2001, l'Agence nationale des fréquences établit un protocole de mesures à partir de la recommandation européenne (41 et 58 V/), alors que celle-ci n'était pas encore transposée en droit français. Délibérément, l'Anfr tente d'imposer cette norme laxiste, et ce, sans réaction des décideurs politiques.

Le protocole de mesures fixe ensuite des pourcentages par rapport à cette recommandations laissant penser que la plupart des sites n'atteigne qu'un dixième des normes françaises mais presque 100 à 150 % des normes suisses ou italiennes !

Au-delà du fait que c'est déjà l'Anfr qui autorise l'utilisation de certaines gammes de fréquences, que c'est encore l'Anfr qui définit le protocole de mesures et les normes qui régissent ce protocole, c'est à nouveau l'Anfr qui choisi les entreprises chargées d'effectuer les mesures et détermine seule la centaine de sites à mesurer, et ce, sans faire appel aux associations recevant les récriminations des particuliers soumis aux effets des antennes relais.

Le président de l'Anfr se défend en laissant entendre que toutes les personnes ayant saisi l'Anfr ont pu faire effectuer des mesures de champ… sachant que l'Anfr reste mal connu du grand public et pour le moins peu transparente (personne n'ayant accès à cette cartographie malgré les demandes répétées des associations… mais aussi de certaines villes et agglomérations !).

L'absence du Ministère de la Santé, toujours aussi criante, rend extrêmement ambiguë les prises de position de l'Anfr, agence n'ayant aucune compétence sanitaire. La politique de la chaise vide est une politique inacceptable à l'égard d'un problème de santé public. L'incertitude relatif aux effets athermiques alliée aux débats contradictoires agitant la communauté scientifique imposent le principe de précaution. La gestion médiatique de cette question ne saurait se substituer au principe de précaution, principe hautement politique !

> Imprimez cette page X Fermer la fenêtre