Agir pour l'Environnement - 28 avril 2006
5000 hectares de maïs transgénique en France ? Entre manipulation et coup de force !


Paris, le 28 avril 2006 : L'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a organisé, ce jeudi, une opération de marketing dont la vocation première est d'imposer l'idée, dans l'opinion publique, que les OGM font désormais partie intégrante du paysage agricole français, alors que ces OGM représenteraient en 2006 moins de 0.01% de la surface agricole utile française.

Avec une précipitation non dissimulée, l'AGPM tente de normaliser les cultures d'organismes génétiquement modifiés en pleins champs anticipant une réglementation contraignante restant à écrire. Profitant de l'absence sidérale de législation privilégiant les systèmes agraires de qualité à toutes contaminations biotechnologiques, l'AGPM adopte le fait accompli comme moyen de communication.

Agir pour l'Environnement dénonce cette logique qui conduit directement à une pollution insidieuse des productions agricoles. Alors que 78% des français sont favorables à une interdiction temporaire des OGM le temps d'en évaluer sérieusement les conséquences environnementales et sanitaires, ces producteurs de maïs s'enferment dans un logique jusqu'au-boutiste.

Faute de registre public des mises en cultures, faute de responsabilités clairement identifiées, faute de réglementations protectrices des cultures labellisées, Agir pour l'Environnement va étudier la possibilité, en partenariat avec les acteurs locaux, de solliciter le juge des référés afin d'empêcher ces cultures génétiquement modifiées manifestement illégales, au regard du droit européen.

Bras armé du lobby biotechnologique, cette Association Génétique Pour une Manipulation de l'opinion publique s'arroge le droit d'imposer les OGM, profitant d'un vide juridique pour imposer une coexistence entre cultures conventionnelles et transgéniques techniquement inapplicable.

A l'occasion du 20ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, les promoteurs des OGM et de cette coexistence virtuelle devraient se rappeler que les frontières érigées de façon technocratique ne sauraient s'appliquer à la nature. Les conséquences environnementales et sanitaires des OGM ne s'arrêteront pas ni à la suite d'une décision politique, ni à la suite d'une opération de communication manifestement manipulatrice.

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