Agir pour l'Environnement - 31 mai 2006

Suppression progressive des films plastiques entourant les feuilles d'imposition : Enfin un impôt écologique ?


Paris - Mercredi 31 mai est le dernier jour pour renvoyer sa déclaration d'imposition sur les revenus. Faisant suite à la campagne de mobilisation citoyenne intitulée « Films plastiques : Stop le plastok ! », le Ministère du Budget a décidé de supprimer progressivement les films plastiques entourant l'envoi des feuilles d'imposition sur le revenu en les remplaçant par des enveloppes classiques. Dès cette année, ce sont plus de 15 millions de films plastiques qui seront ainsi économisés, soit 50% des déclarations envoyées. Agir pour l'Environnement se félicite de ce geste significatif en faveur de l'environnement.

Les films plastiques emballant les formulaires administratifs, les journaux pour les abonnés et certaines publicités dépassent les deux milliards d'unités par an. Ces films plastiques trop disséminés pour être collectés demeurent et demeureront non recyclables faute de filière opérante, et ils sont encore moins biodégradables. Qu'il soit contribuable, abonné ou submergé d'imprimés non sollicités, le destinataire contribue pourtant financièrement à leur élimination en incinération ou en décharge, subissant des pollutions qu'il n'a pas demandées.

Parce que l'Etat doit être exemplaire envers ses citoyens, Agir pour l'Environnement demande au ministère du Budget d'envoyer dés l'année prochaine l'ensemble des documents administratifs destinés aux millions de contribuables sous enveloppes en papier recyclable. Les associations considèrent qu'un Etat réellement responsable et exemplaire devrait s'astreindre à vérifier que les documents potentiellement recyclables, sont effectivement recyclés.

L'usage de tels films dessert en effet la politique de développement durable que prône le gouvernement. La fin du pétrole à bas prix, matière première non renouvelable employée pour la fabrication du plastique, doit nous rappeler chaque jour que seule une réduction en amont de notre consommation, et l'étude d'alternatives « propres », permettront un changement des mours et une préservation des ressources. Des analyses comparatives des cycles de vie des matériaux doivent être menées pour la mise en ouvre rapide d'alternatives écologiques. Par ailleurs, les films plastiques biodégradables ne doivent pas suffire à remplacer les autres. S'ils sont en général compostables, ces derniers peuvent toujours étouffer des animaux et induire une pollution visuelle. Agir pour l'Environnement considère que « trop de films en plastique entourant les impôts tue les oiseaux ! ».

Agir pour l'Environnement demande donc instamment au ministère de l'Ecologie de mener une réflexion approfondie sur les alternatives existantes aux films plastiques.

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