Agir pour l'Environnement - Priartém - Dossier de presse du 21 avril 2009
Grenelle de la téléphonie mobile : Du discours de la méthode…


Paris, le 21 avril 2009 : Déjà reporté à deux reprises, l’organisation du Grenelle de la téléphonie demeure passablement floue à moins de 48 heures de son lancement.

Les seules informations disponibles le sont au travers de fuites dans la presse, ce qui ne semble pas être la méthode la plus appropriée pour créer les conditions d’un débat pluraliste, transparent et contradictoire que les associations appellent de leurs vœux.

Reçues par un conseiller de la Ministre de la Santé lundi 20 avril, les associations n’ont pu obtenir la moindre information quant aux personnes sollicitées pour participer aux tables rondes et n’ont pas eu la garantie que des scientifiques seraient présents durant les débats. Selon Monsieur Roseinheim, conseiller de la Ministre de la Santé, « la présence de scientifiques dans un tel débat ne serait pas indispensable », provoquant le départ des responsables associatifs indignés par l’absence d’écoute du ministère de la santé.

Au sein du collège « personnalités qualifiées », seuls un juriste et deux sociologues sont invités à faire part de leur expertise… Selon les associations, « l’absence de scientifiques du domaine laisse à penser que la controverse relative à l’implantation des antennes relais ne serait en définitive qu’un problème de droit et de sociologie… Les associations s’étonnent de ce parti-pris particulièrement réducteur et exclusif. Aucune des personnalités qualifiées proposées par les associations n’a été sollicitée.

Ce Grenelle devrait se dérouler en trois ou quatre tables rondes, les 06, 14 et 15 mai prochains. Le ministère de la Santé espère qu’un compromis entre acteurs puisse conduire à une simple charte, sans recourir à des dispositions réglementaires ou législatives. Les associations n’imaginent pas un seul instant qu’une simple charte de bonne conduite ou guide de bonnes pratiques puisse régler durablement un problème aussi conflictuel. Les associations appellent donc de leurs vœux une véritable loi encadrant le développement de la téléphonie mobile.

Des a priori douteux
Dès l’annonce de ce Grenelle de la téléphonie mobile, le Premier ministre a exclu tout effet pour la santé lié à une exposition chronique aux antennes relais. Pour les associations, il est pour le moins paradoxal d’affirmer autant de certitudes sans pouvoir les étayer scientifiquement. Cet a priori est révélateur d’un état d’esprit qui n’amène pas les acteurs sollicités à travailler en confiance. Les associations n’ont aucune intension de jouer les faire-valoir d’un Grenelle dont les conclusions seraient rédigées avant même que les hypothèses n’aient été énoncées. A ce titre, les associations se réservent le droit de quitter à tout moment la table des négociations si de telles certitudes devenaient le fil conducteur de ce Grenelle de la téléphonie mobile.

Des « études » et « avis » douteux
Arrivés à point nommé pour étayer les propos manifestement erronés des opérateurs, un avis de l’Académie de médecine et une étude de dosimétrie de Pr Viel ont été rendus publics à quelques jours du Grenelle. Au regard des enjeux économiques considérables, l’intervention d’un des membres du Conseil scientifique de Bouygues Telecom et également membre de l’Académie de médecine ne peut qu’interroger, d’autant que l’avis sans nuance rendu n’est fondé sur aucune référence scientifique explicite et ne peut donc décemment être considéré comme un avis « scientifique ». La présentation des résultats de l’étude de J. F. Viel est également particulièrement étonnante. Réalisée à Besançon, en 2005, sur moins de 200 personnes exposées durant seulement 24h, cette étude conclut que la télé et la radio seraient les deux sources électromagnétiques les plus importantes dans le champ global et que l’exposition serait plus forte à mesure que l’on s’éloignerait de l’antenne. Contraires aux lois élémentaires de la physique, ces conclusions s’opposent également aux analyses associatives faites à partir des 500 dernières mesures réalisées par l’Agence nationale des fréquences qui démontrent que la téléphonie mobile est bel et bien le principal contributeur dans 88,8% des cas.

Alors que des études et expertises internationales (Interphone, Réflex, BioInitiatives, TNO…) menées généralement sur fonds publics ont conclu à une augmentation statistiquement significative de certains types de cancers ou à de possibles effets génotoxiques de la téléphonie mobile, alors que de nombreuses lacunes en matière de recherche sur les conséquences sanitaires d’une exposition chronique aux ondes des antennes relais ne peuvent décemment amener le Gouvernement à considérer que l’absence d’études revient à l’absence d’effet, il est plus que jamais nécessaire d’adopter une réglementation contraignante, et ce au nom du principe de précaution. Dans un récent sondage BVA effectué pour le compte d’Agir pour l’Environnement et Priartém, 80% des sondés se déclarent favorables à une réglementation plus contraignante en matière d’antennes relais.

Au cours d’une conférence de presse, les associations ont rappelé leurs exigences qui prennent la forme de 18 mesures d’ordre législative ou réglementaire, comme la baisse des seuils d’exposition aux ondes des antennes relais à 0,6 V/m, l’interdiction de la promotion et la commercialisation des portables destinés aux enfants de moins de 14 ans et le lancement d’une grande campagne d’information aux risque potentiels d’un usage prolongé du portable.

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