LESECHOS.FR - 25 mai 2009
Stéphen Kerckhove (Agir pour l'Environnement) : "le Grenelle des ondes n'a fait que 10% du chemin"

Stéphen Kerckhove, délégué général d'"Agir pour l'Environnement" revient sur les orientations retenues par le gouvernement à l'issue du Grenelle des ondes. Des propositions jugées "très insuffisantes" par l'association, qui a décidé de suspendre sa participation au Comité de suivi, qui doit désormais prendre le relais.

Les Echos : Pour quelles raisons dénoncez-vous les propositions avancées par le rapport du "Grenelle des ondes" et retenues par le gouvernement ?

Stéphen Kerckhove : Nous sommes venus et avons pris part aux tables rondes organisées par le ministère de la Santé avec l'ambition de peser sur les discussions. Mais après la remise du rapport, nous avons le sentiment que nous n'étions là que pour remplir le vide de ce débat. Nous nous sommes clairement rendus compte qu'on ne comptait pas sur nous et nous avons été confinés à la marginalité. De plus, la synthèse finale est très en deçà des ambitions initiales et des espoirs qu'a fait naître ce rendez-vous. Au fur et à mesure des débats, il y a eu une érosion des ambitions de ce Grenelle des ondes qui n'en a d'ailleurs que le nom ! En cela, nous sommes non seulement déçus mais également en colère face à cet attentisme. Ils n'ont fait que 10% du chemin !

Ce rapport présente-t-il néanmoins des avancées ?

Ce Grenelle des ondes a eu un intérêt essentiel : les débats ont permis de remettre en cause certaines certitudes officielles, notamment sur les antennes relais. Il y a également la reconnaissance d'une incertitude au niveau des portables, préalable nécessaire à l'activation du principe de précaution. La synthèse finale reconnaît formellement que la téléphonie mobile est un risque émergent, à gérer comme tel. Il y a enfin eu des avancées en ce qui concerne le processus en lui-même, avec l'organisation de tables rondes réunissant les différents acteurs du secteur, bien que le caractère non contradictoire ait nui aux résultats finaux...

La mesure phare de ce rapport est l'interdiction de l'usage du portable à l'école primaire. Êtes-vous favorable à cette proposition ?
Parmi nos propositions, nous militions pour l'interdiction de la commercialisation de téléphones mobiles pour les enfants de moins de 14 ans. La synthèse a abaissé cet âge aux enfants de moins de 12 ans, les ministres se sont prononcés pour une interdiction aux enfants de moins de 6 ans, et l'amendement final fixe cet âge à 10 ans. Mais ce texte porte simplement sur l'usage des téléphones mobiles, qui est beaucoup plus difficile à contrôler que la commercialisation !

Qu'allez-vous faire désormais ?

Nous allons immédiatement prendre rendez-vous avec la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, pour vois s'il n'y a pas méprise. Si ce n'est pas le cas, nous retournerons vers les riverains et les élus locaux, dont la déception est au moins aussi grande que la nôtre, pour organiser une nouvelle mobilisation, afin d'obtenir de véritables mesures de précaution.

PROPOS RECUEILLIS PAR JULIEN POMPEY, Les Echos


> Imprimez cet article X Fermer la fenêtre