Ouest France - 17 décembre 2008
Téléphone : nouvelle offensive contre les ondes


Dix associations ont lancé, hier, une campagne contre l'utilisation du téléphone portable. Elles disent craindre un « Tchermobile ».

La campagne. La campagne implique plusieurs associations environnementales (Agir pour l'environnement, Priartem...), la FCPE, la Ligue de l'enseignement, l'association de bibliothécaires parisiens SUPAP-FSU, ainsi que l'Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse lancée par le Pr Belpomme. Ce cancérologue controversé est sur tous les fronts des causes environnementales du cancer. Agir pour l'environnement propose des cartes postales aux slogans plus ou moins chocs (dont un qui emploie la formule « Tchermobile »), à envoyer aux ministères concernés : santé, éducation nationale ou écologie.

Précautions. En juin, le très médiatique psychiatre David Servan-Schreiber avait lui aussi lancé un appel à la prudence... qui reprenait globalement un communiqué diffusé, début janvier, par le ministère de la Santé. En gros : ne pas abuser du téléphone, utiliser un kit mains libres, ne pas téléphoner dans des conditions de mauvaise réception...

Téléphones pour enfants. La campagne vise tout particulièrement l'usage des téléphones portables par les enfants, d'où l'implication des associations d'enseignants et de parents. Dans son expertise de 2005, l'Affset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) avait souligné que, si des effets sanitaires étaient mis en évidence, les enfants pourraient être plus sensibles.

Le wi-fi dangereux ? C'est le nouveau cheval de bataille des associations.À la suite de plaintes du personnel, en septembre, la Mairie de Paris a dû enlever des bornes wi-fi de quatre bibliothèques. À la demande des ministères de la Santé et de l'Écologie, l'Affset a été chargée d'évaluer les dangers du wi-fi et de la télé mobile personnelle.

Risques de cancer : du nouveau ? Pas vraiment. On n'en finit pas d'attendre les résultats complets de l'étude Interphone, menée depuis 1999 dans treize pays, dont la France. Des résultats partiels semblaient indiquer une augmentation du risque après plus de dix ans d'utilisation intensive. Mais la plupart des scientifiques sont extrêmement réservés. On n'a, pour l'heure, pas relevé d'explosion significative de cancers, malgré l'utilisation massive de la téléphonie mobile. Certains cancers, il est vrai, mettent des dizaines d'années à apparaître.

Antennes-relais. Lundi, le tribunal de Colmar a débouté en appel Sabine Rinckel, une Strabourgeoise qui avait assigné son Office HLM. Elle souffre de maux de tête et d'acouphènes, qu'elle attribue à des antennes-relais situées à proximité. Son avocat, Me Richard Forget, compte attaquer les opérateurs de téléphonie mobile. Le 18 septembre, il avait obtenu que le tribunal de Nanterre contraigne Bouygues Télécom à démonter une antenne, pour « risques potentiels de trouble à la santé ». L'opérateur a fait appel. L'audience se tiendra le 7 janvier, à Versailles..

Électro-hypersensibilité. Sabine Rinckel souffre d'électro-hypersensibilité. Cette maladie est bien recensée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2005. Mais sa définition est très imprécise (des symptômes non spécifiques, qui varient d'une personne à l'autre). De plus, l'OMS estime qu'il n'y a pas de preuves étayées pour faire le lien avec les ondes électromagnétiques.

Philippe RICHARD.


> Imprimez cet article X Fermer la fenêtre