Le Télégramme de Brest - 12 février 2009
Écologie. Le Clan du néon éteint les lumières à Brest
par Aurélien Douillard


Les membres de ce collectif font la chasse, la nuit, aux luminaires allumés en continu par certaines enseignes.

Mardi, à Brest (29). Le soleil s'est couché depuis un bon moment déjà. Les membres brestois du Clan du néon se sont donné rendez-vous devant un bar-restaurant du centre-ville. Le quatuor a apporté un bâton fait de tiges de tente(s) assemblées, puis scotchées ensemble. Au bout, un simple crochet. Une «arme» de 2,50m pour atteindre les boîtiers de sécurité disposés sur les façades de nombreuses enseignes. Et abaisser le levier, coupant ainsi l'alimentation des luminaires extérieurs. Céline, Nolwenn, Romain et Vincent, tous entre 22 et 23 ans, sont étudiants. Ils se disent «sensibles à l'écologie». Les deux derniers nommés ont lancé, au début de l'année 2008, la version locale du Clan du néon, après avoir visionné une vidéo sur internet. Ils disposent désormais d'un blog et ont créé, récemment, un groupe sur le réseau social Facebook.

«Pas des extrémistes»

Leur mission: préparer des tournées nocturnes de plusieurs heures, parfois filmées, pour éteindre les néons de certains commerces, histoire de lutter «contre le gaspillage d'énergie et le gavage publicitaire». En moyenne, une vingtaine d'interventions, parfois assurées à la courte échelle. Juste pour le fun. «Nous ne sommes pas des extrémistes», tempère Romain, «activiste» la nuit, étudiant dans le tourisme culturel le jour. Il se souvient de «quatre à cinq sorties» depuis la naissance du Clan du néon à Brest. Et de son premier luminaire éteint, celui d'un hôtel. Sauf que le traité fondateur du collectif prévoit de ne pas s'attaquer aux commerces ouverts, «signalant leur présence», comme les bars ou les pharmacies de garde. «Nous n'avions pas lu la charte!», sourit Vincent. Leurs cibles privilégiées? Les agences immobilières et les banques. Et, s'ils n'ont que peu de risques de se faire interpeller, ne commettant aucune réelle dégradation, ils évitent soigneusement de croiser les patrouilles de police. Au cas où...

Les «Portes de Guipavas» dans le collimateur

Brigitte Élard, responsable du magasin Perle de bain, a retrouvé, hier matin, un flyer collé sur sa vitrine. Car les «chasseurs» ont «sévi» chez elle, signant volontairement leur geste: «Ce sont de doux rêveurs». La galerie où est implanté Perle de bain se situe sous des arcades: sans lumière, «cela fait coupe-gorge». Reste que pour le Clan du néon, l'éclairage public suffit amplement. Cette vision, ses membres tenteront de la partager au cours de la réunion qu'ils envisagent d'organiser prochainement avec des commerçants, des représentants d'associations écologistes et la municipalité. D'ici là, d'autres sorties sont programmées: les «Portes de Guipavas», plus connues sous le nom de zone du Froutven, sont dans leur collimateur, avec leurs 37.000m² d'enseignes. Mais il faudra commencer par faire des «repérages», dixit Vincent.

Contact: http://clanduneonbrest.over-blog.com



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