Tribune libre datée du 09 juin 2009
Greenday en Europe…
par Stéphen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'Environnement


Il est des résultats électoraux qui illustrent une réalité que de longs discours ne sauraient mettre en lumière. La poussée des écologistes dans un grand nombre de pays européens marque une prise de conscience qui ne peut que nous emplir de joie. Joie d’autant plus grande qu’en période de crise économique et sociale, un réflexe bien naturel aurait pu entrainer certains électeurs à choisir entre sauvegarde de l’emploi et protection de l’environnement, privilégier le quantitatif aux dépends du qualitatif.

Le score des écologistes démontre au contraire que les vieilles oppositions entre environnement et développement, économie et écologie ont vécu. Désormais, les responsables politiques nationaux et européens devront accepter que les crises ne soient plus traitées de façon parcellaire et arbitraire ; qu’au contraire elles interagissent et s’amplifient l’une l’autre et qu’elles doivent donc faire l’objet d’un traitement systémique.

A ce titre, les plans de relance impulsés par l’Etat français versant des sommes faramineuses à des acteurs économiques sans que cet argent public soit le moins du monde conditionné au respect d’objectifs écologiques sont une formidable occasion manquée d’encadrer un marché qui n’a pas fait la preuve irréfutable de sa lucidité et de sa clairvoyance. La main invisible du marché continuera donc à étrangler notre planète et notre climat.

Bien qu’il soit toujours malaisé d’expliquer un vote et un résultat électoral, il nous faut constater qu’il existe désormais une aspiration des citoyens européens à l’action et à la mise en œuvre de réglementations écologiques. Les propos fumeux et belles promesses toujours remises à des lendemains qui chantent de plus en plus faux ne font plus guère illusion. A titre d’exemple, le Grenelle de l’environnement qui a pu faire naître un espoir se solde par une multiplication des projets anti-écologiques : nucléaire, pesticide, autoroutes, antennes relais, incinérateurs… cette liste malheureusement non-exhaustive est la preuve concrète d’un double-discours de la puissance publique qui semble être devenu une deuxième nature.

A contrario, les électeurs semblent avoir choisi d’envoyer au Parlement européen des député-es qui ne se payent pas de mots et dont la crédibilité a été acquise dans l’action militante et non sur les seuls plateaux de télévision. La victoire de la mobilisation citoyenne est une première étape qu’il s’agit désormais de transformer pour lui donner une consistance durable. Nous y sommes prêts !

 
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