-Lettre ouverte au Ministre de l’Ecologie datée du 23 octobre 2007-
20.000 participants au GREENelle [selon les organisateurs]*


* Les assertions entre crochets n’ont pas fait l’objet d’un consensus et sont donc susceptibles de connaître des modifications à la suite d’une décision unilatérale des organisateurs du Grenelle.

Monsieur le Ministre [durable] de l’écologie,

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, 20.000 participants [selon les organisateurs] ont participé à la campagne orchestrée par Agir pour l’Environnement et intitulée « Environnement : GREENelle ou Grrr…enelle ? ». Nous espérons que vous écouterez [et entendrez] les demandes associatives.

A quelques heures de la phase ultime de cette [négociation], nous nous inquiétons du flou persistant entourant ce débat [sans exclusive, ni a priori]. Après avoir dit que les 24 et 25 octobre étaient les dates retenues pour arrêter les 15 à 20 mesure[tte]s, le Président de la République prendra finalement [un mois de plus] pour revisiter les [conclusions] des parties prenantes [ et les interpréter à l’aune des récriminations de certains lobbies].

Votre challenge n’est pas d’avoir mené à son terme la 1ère phase du Grenelle mais de réussir le passage de relais entre les acteurs de la société civile et les parlementaires qui auront la lourde tâche de transposer dans le droit français les conclusions du Grenelle. Or, il est de notoriété publique que les députés et sénateurs demeurent pour le moins circonspects à l’égard de ce grand débat. Le Grenelle de l’environnement fut une expérience inédite grâce à l’apport de la biodiversité associative. Si le Président de la République ainsi que les parlementaires réussissaient à amoindrir les premières conclusions du Grenelle, gageons que ce Grenelle n’aurait été qu’un débat hors sol sans liens directs avec la décision publique. Il est à craindre de voir le Grenelle s’échouer sur les clientélismes locaux, très présents chez les députés [de tout bord]. Parce que l’Assemblée nationale n’est pas un musée, il est temps d’y dépoussiérer les quartettes de conservateurs qui préemptent les questions écologiques depuis des lustres.

Le Grenelle de l’environnement est un exercice périlleux car il décentre le cœur de notre démocratie vers des acteurs associatifs qui n’ont pas la prétention d’incarner une quelconque légitimité élective. Il nous faut pourtant reconnaître que les associations ont bien souvent une plus haute idée de ce que peut être l’intérêt général. Pourtant, le jeu politique a ses us et coutumes que les ONG ne maîtrisent qu’imparfaitement. Vous avez donc le devoir de ne pas décevoir en tenant tête aux adeptes du statu quo. A défaut, le Grenelle de l’environnement se résumerait à un théâtre des marionnettes où la gesticulation médiatique et les incantations politiques ne cacheraient pas longtemps une inaction lourde de conséquences.

En vous remettant mardi 23 octobre 2007, ces 20.000 signatures de la campagne « Environnement : GREENelle ou Grrr…enelle ? », une seule question vous est posée : « Le Grenelle débouchera-t-il sur des mesures contraignantes et de nouvelles taxes incitatives et dissuasives ou demeurerons-nous dans le registre des mesures cosmétiques et superficielles qui n’ont pour autre objet que de flatter celles et ceux qui les adoptent ? »

Nous souhaitons ardemment que le Grenelle de l’environnement n’accouche pas d’une souris [verte]. A ce effet, nous vous demandons d’adopter, indépendamment de mesures incitatives et fiscales, les 4 moratoires réclamés par les ONG sur l’EPR, les OGM, les incinérateurs, les autoroutes ainsi que l’adoption d’un plan de réduction de l’usage des pesticides et une réglementation encadrant le développement de la téléphonie mobile.

Vous remerciant par avance de l’attention que vous avez bien voulu porter à ces quelques lignes, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations [écologiques].

Contact presse : Stéphen KERCKHOVE – Agir pour l’Environnement
Tél. 01.40.31.02.99 / 06.06.88.52.66

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