Aliments trangéniques : les règles du jeu de la conférence de citoyens
AFP - 31 mars 1998


Paris, 31 mars (AFP) - L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) a rendu publiques mardi les règles d'organisations de la " conférence de citoyens " sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), qui doit se tenir les 20 et 21 juin.

En donnant son feu vert le 27 novembre dernier à la mise en culture du maïs transgénique dans l'hexagone, le gouvernement avait promis un débat public sur les OGM, " afin que les citoyens s'approproient ce débat, qui n'est pas seulement scientifique mais aussi philiosophique et éthique ".

L'OPECST, organisme commun à l'Assemblée nationale et au Sénat, présidé par le député PS de Meurthe-et-Moselle Jean-Yves Le Déaut, a été chargé d'organiser ce débat. Il a choisi de lui donner la forme d'une conférence publique dite de consensus ou de citoyens, calquée sur le modèle danois. Il s'agira d'une première en France.

Ce type de conférence, expérimentée dans plusieurs pays européens (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Suisse), vise à demander à un groupe d'une quinzaine de citoyens leur avis sur une question scientifique controversée. Ces personnes, totalement profanes sur le sujet, reçoivent préalablement une information complète et sont confrontées aux experts et aux représentants des divers intérêts en cause.

La conférence de citoyens portera sur " l'utilisation des OGM en agriculture et dans l'alimentation " et ne traitera pas des thérapies géniques.

L'institut de sondage IFOP va sélectionner quinze participants supposés n'avoir aucun a priori sur la question. Ces personnes devront représenter la " diversité de la France ", souligne l'OPECST.

" Pour éviter toutes pressions intempestives, l'identité des membres du panel ne sera pas révélée la phase ultime de la conférence ", avertit l'OPECST.

Les participants sélectionnés auront droit à deux week-ends de formation à huis-clos sur les OGM, au cours desquels ils entendront les différentes thèses en présence.

La conférence des 20 et 21 juin se tiendra en public. Un document final sera rédigé par les membres du panel. Leur avis sera présenté le lendemain.

La conférence " ne remplacera pas le débat public mais elle contribue à le préparer ", souligne l'OPECST qui s'attend à des " critiques ".

Le collectif " Alerte aux OGM ", qui rassemble notamment Agir pour l'environnement, Greenpeace, France nature environnement, la Confédération paysanne et l'Association des familles laïques, a déjà émis des doutes sur la méthodologie retenue.

Pcm/phb

 

> Imprimez cet article X Fermer la fenêtre