Agir pour l'Environnement - Réseau Action Climat France - France Nature Environnement - 14 mars 2005

Pic de consommation électrique : Une peur du black out créée de toute pièce !!!


Paris, le 14 mars 2005 :
En date du 28 février dernier, RTE constatait un nouveau record de consommation électrique que la France venait de battre en franchissant pendant quelques minutes le seuil des 83.000 MW de puissance appelée. Le réseau de transport de l’électricité ajoutait par voix de presse que la France avait du importer 3% de son électricité, étant dans l’incapacité de répondre à la demande. Enfin, la filiale d’EDF appelait le Gouvernement à accroître encore et toujours la capacité de production d’électricité, appel à peine voilé en faveur de l’EPR que les députés devraient, selon toute (in)vraisemblance, décider en deuxième lecture à l’Assemblée nationale à partir 16 mars prochain.

Alors que la France a une puissance électrique installée de plus de 100.000 MW, qu’EDF a stoppé, pour maintenance (en plein cœur de l’hiver !), sept de ses centrales électronucléaires, que le système EJP imposant aux gros consommateurs une limitation de leur consommation par l’intermédiaire d’une augmentation sensible du prix du kWh n’a pas été activé le jour du pic de consommation, qu’aucune campagne invitant les français à la sobriété notamment pendant les pics de consommation électrique du soir n’a été menée, ni même prévue, les associations s’interrogent sur le climat que cherche à créer EDF et RTE à la veille du vote de la Loi d’Orientation sur l’Energie.

Durant l’année 2004, la moyenne de la puissance appelée pour la consommation électrique française a été de 53.993 MW, avec un creux de consommation électrique franchi le 15 août 2004 à 7 heures à 30.374 MW. En 2003, la moyenne de la consommation électrique française a été de 51.628 MW avec un creux franchi le 9 juin 2003 à 6h30 à 30.300 MW appelés. Ce jour là, l’ensemble des centrales nucléaires françaises étaient inutiles et pouvaient être fermées pour maintenance !

Face à cette réalité des chiffres (extrait des données publiques diffusées sur le site de RTE), il convient de s’interroger sur la logique qui prévaut au sein de cet organisme public. Au lieu de tenter de lisser les pics de consommation et ainsi mieux rentabiliser des infrastructures extrêmement coûteuses, RTE réclame un développement de la capacité de production électrique sur la base des pics de production alors même que ces infrastructures seront inutiles 99% de l’année.

Pire, en souhaitant développer de nouvelles unités nucléaires qui fonctionnent en base et seront donc incapables de suivre les pics de production, RTE et EDF préconisent des solutions dogmatiques à mille lieux des réalités de la consommation électrique française.

Les associations s’inscrivent totalement en faux vis à vis des déclarations du lobby nucléaire qui tentent de créer un sentiment de manque et la peur d’un black out généralisé dans un pays connu pourtant pour sa surproduction chronique et ses 14% d’exportation électrique annuel.

Les associations réclament par ailleurs la mise en œuvre d’une véritable politique de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables.

Il est inacceptable que RTE, service public de distribution de l’électricité, se fasse, de façon aussi caricaturale, le porte voix du lobby nucléaire. Les associations invitent l’ensemble des députés à amender la Loi d’Orientation sur l’Energie, notamment en récusant les invites du lobby nucléaire à lancer un EPR, inutile en terme de production et dispendieux économiquement.


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