Agir pour l'Environnement - 30 août 2006
Enquête publique « EPR / Flamanville » : Une démocratie irradiée ?


Paris, le 30 août 2006 : Un mois après la clôture de l’enquête publique consacrée à l’implantation d’un nouveau réacteur EPR à Flamanville (Manche), le Commissaire enquêteur devrait remettre dans le tout prochain jour un avis officiel au Préfet de la Manche ainsi qu’au Ministre de l’Industrie.

Sans préjugé de l’avis qui sera rendu, mais au regard de la manière dont a été menée cette enquête publique, il y a tout lieu de craindre un avis favorable. Sans remettre en cause l’indépendance des enquêteurs publics, il est impossible d’occulter les pressions multiples et répétées exercées par le Gouvernement en faveur de ce nouveau réacteur électronucléaire.

Pire, en limitant cette enquête publique dans le temps (une trentaine de jours ouvrables) et dans l’espace (seules 19 communes représentant moins de 0.15% de la population française), le Gouvernement a pris la responsabilité de la rendre totalement illégitime. Nul doute que sa légalité en sera contestée devant le Tribunal administratif ! A croire que ce réacteur nucléaire d’une capacité de production de 1600 MW ne serait qu’un projet local n’ayant aucun impact sur l’avenir énergétique de la France !

Alors que cette procédure administrative a pour objet d’informer le public et de recueillir ses appréciations, suggestions et contre-propositions, l’outil Internet a été délibérément écarté, tant pour la consultation du dossier d’enquête publique que pour permettre une expression citoyenne pluraliste ! A défaut d’interactivité, cette enquête publique s’est résumée à une vague procédure radioactive !

Malgré cette volonté délibérée d’asphyxier cette enquête publique, force est de constater que les français souhaitent encore et toujours s’exprimer. Dans le cadre d’une enquête d’opinion exclusive commandée par Agir pour l'Environnement à l’institut de sondage BVA, 31% seulement des français s’expriment en faveur du développement de l’électricité nucléaire quant 84% plébiscitent les énergies renouvelables et 77% la maîtrise de l’énergie.

Une nouvelle fois, le Gouvernement privilégie le passage en force comme mode de gestion politique alors que 80% des français souhaitent un référendum sur la sortie du nucléaire.

Agir pour l'Environnement appelle le Commissaire enquêteur à émettre un avis négatif et ainsi refuser un projet inutile du point de vue énergétique, économique et écologique. En tout étant de cause, l’EPR, comme le reste du parc électronucléaire français n’aura pas fait l’objet d’un vaste débat démocratique que les associations appellent toujours de leurs vœux.

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