Agir pour l'Environnement - 06 avril 2004

EPR / Nucléaire :
On reprend les mêmes (ou presque)… et on recommence ?

Préparée depuis plusieurs mois dans les services du Ministère de l'Industrie, la décision relative à la construction d'un prototype EPR, " nouvelle " centrale nucléaire d'un coût unitaire de plus de 3 milliards d'euros, semble de nouveau parée de toutes les vertus !

Comme Roselyne Bachelot en son temps, le " Raffarin Printemps/Eté ", à peine renommé Premier ministre, se comporte en vulgaire VRP du lobby nucléaire. Dans sa déclaration de politique générale, Jean-Pierre Raffarin s'est ainsi prononcé en faveur du réacteur nucléaire EPR… réacteur tout aussi " nouveau " que le Premier ministre qui en fait la promotion ! En nommant deux nouveaux ministres de l'écologie et de l'industrie en lieu et place de Nicole Fontaine et Roselyne Bachelot, tout en prorogeant la même politique -la concertation en moins !- le Premier ministre prend le risque d'accroître encore un peu plus le caractère UMPopulaire de sa politique.

A l'issue d'un débat national sur les énergies inaudible et grossièrement instrumentalisé par le lobby nucléaire, l'EPR a finalement réussi le tour de force de démontrer son inintérêt technologique, son coût exorbitant en ajoutant de surcroît de la surproduction électrique à la surproduction existante !

De plus, aux critiques relatives à l'obsolescence consubstantielle de l'EPR viennent désormais s'ajouter une opposition élective locale. Les deux régions projetées pour accueillir le prototype EPR -la Haute-Normandie et Rhône-Alpes- sont dirigées par des majorités politiques ayant affirmé une opposition déterminée à l'EPR. Agir pour l'Environnement invite les élus régionaux à exprimer publiquement leur refus de ce projet technocratique.

Parce que les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie s'inscrivent dans un territoire propre, les Régions devraient dans les semaines et mois à venir récuser le nucléaire, technologie dangereuse et centralisée. L'échelon régional pourrait privilégier la demande énergétique locale à une surproduction déconnectée des réalités exportée à bas prix à l'aide de lignes à haute tension détruisant nos paysages.

Face à ces oppositions multiples, locales et globales, le Gouvernement doit abandonner définitivement ce projet de prototype et enfin privilégier une réduction effective des gaz à effet de serre en limitant le transport routier, une interdiction du chauffage électrique ainsi que toutes les publicités incitant à un usage irrationnel de l'énergie. La Loi d'Orientation sur l'Energie en préparation est l'occasion de reconnaître la primauté de la maîtrise de la demande et des énergies renouvelables aux projets grandiloquents, technocratiques et finalement illégitimes.


> Imprimez cet article X Fermer la fenêtre