Du diesel plein les poumons !

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Trois véhicules diesel sont vendus en France toutes les minutes. Entre 1981 et 2012, la part du diesel a bondi de moins de 10% à plus de 73% ! Le soutien fiscal indéfectible de la France à l’un de ses champions industriels –Peugeot- explique pour partie cet engouement. Or, à l’instar du nucléaire, cette monoculture rend toute transition difficile à opérer.

Extrait de la lettre bilan - printemps 2013 - d'Agir pour l'Environnement.

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Transition pourtant nécessaire au regard des effets sanitaires du diesel. Toutes les 12 minutes, une personne vivant en France voit sa vie écourtée de 7 mois à cause du diesel.

Quarante-deux mille morts, 5% des décès constatés seraient en effet imputables aux microparticules issues de ce carburant classé par l’Organisation mondiale de la santé comme un cancérigène certain depuis juillet 2012.

Transition également nécessaire dans un pays qui cherche à équilibrer ses comptes publics. La Cour des Comptes a ainsi estimé que l’incitation fiscale permettant au diesel d’être 18 centimes moins cher que l’essence entraînait une perte nette pour le budget de l’État de 8 milliards d’euros par an ! Chiffre largement sous-estimé car occultant l’impact du diesel sur la santé publique !!! En inscrivant, en 10 ans, un objectif de rééquilibrage du prix du diesel et celui de l’essence, la France peut largement mobiliser les ressources financières nécessaires afin d’organiser une transition écologiquement et socialement responsable. À ce jour, 64% des diesels en circulation sont des véhicules de société ou voitures de fonction. Cette aide déguisée aux entreprises doit cesser car elle cause un préjudice sanitaire inacceptable. Si le gouvernement souhaite soutenir l’activité économique, il peut largement utiliser d’autres outils fiscaux que ceux ayant un impact délétère aussi évident.

Transition sociale enfin urgente à engager car cette monoculture crée les conditions objectives d’un crash industriel. À l’international, de plus en plus de pays restreignent la vente de véhicules polluants et dangereux pour la santé. Le diesel en fait les frais. Au niveau international, l’absence de diversification de l’un des principaux constructeurs hexagonaux ne peut que se solder par l’accumulation de plans « de sauvegarde de l’emploi ».

La cécité industrielle dont font preuve les constructeurs automobiles français se traduit par un scandale du diesel qui ne dit pas son nom. Les principaux responsables, qu’ils soient politiques ou industriels, devront vraisemblablement en répondre devant la justice. Il est urgent de mettre en œuvre un vaste plan de reconversion de l’industrie automobile afin qu’elle mette au cœur de sa stratégie industrielle l’environnement, la santé et le social.