L’État cherche à maintenir des liaisons aériennes "fantômes"

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L’aviation a un impact non-négligeable sur le changement climatique. Les émissions de l'aviation représentent 2,1 % de la part mondiale. Mais si l'on tient compte des effets autres que le CO2 (traînées de condensation), on estime que l'aviation contribue jusqu’à 4,9 % au réchauffement de la planète !

En termes d’émission de CO2 par voyageur et par kilomètre parcouru, l’avion gagne la palme d’or du mode de transport le plus émetteur. En effet, pour la même distance parcourue, un trajet en avion est 45 fois plus polluant que s’il avait été réalisé en TGV. De plus, l’avion incite à parcourir des distances plus longues, 2400 k.m en moyenne, contre 300 k.m pour le train. En prenant en compte la distance moyenne parcourue lors d’un trajet, l’avion est alors 1.500 fois plus émetteur qu’un train.

Il semble alors normal de limiter nos voyages en avion lorsqu’ils ne sont pas nécessaires ? Que nenni ! Notre gouvernement a décidé récemment de maintenir une liaison aérienne "fantôme".

Le 30 janvier 2023, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires a déposé deux décrets relatifs à l’imposition d’obligation de service public sur les services aériens entre La-Rochelle île de Ré et l’aéroport de Saint Exupéry, opérés via Poitiers-Biard.

La compagnie aérienne Chalair qui assurait cette liaison depuis 2019 a décidé d’interrompre la délégation de service public. En effet, elle était passée dernièrement, de 11 rotations hebdomadaires à 5, et n’était plus rentable selon l’entreprise, malgré les 600 000 euros de subvention initiale accordée par l’état par an. Sur les 15.000 passagers visés, seul 5 000 personnes, pour la plupart des hommes d'affaires, ont emprunté la route au cours des 12 derniers mois. L'utilisation en novembre atteint 54 % pour l'ATR 45 et 40 % pour l'ATR 72. Il semble injuste qu’une minorité d’individus, dont la plupart voyageant pour des motifs économiques, se voient accorder une subvention de 120 euros par voyage.

Le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires veut maintenir cette liaison, avec comme objectif 11 rotation par semaine, ce qui correspond à revenir au nombre de vol pre-covid correspondant à 15.000 voyageurs par an. Afin de respecter l’Accord de Paris et limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 ° C, il faudrait que la limite de CO2 émise par un Français en une année soit équivalente à deux tonnes de CO2. Un seul trajet La-Rochelle- Lyon, consomme quant à lui, 7,1% de l’empreinte carbone d’un Français sur une année.