Le nucléaire est-il une drogue dure ?

Communiqués de presse

Dans une interview à la Tribune du dimanche, la ministre de la Transition énergétique plaide pour la construction de 14 nouveaux réacteurs atomiques EPR, en renonçant à tout objectif chiffré en matière de développement d’énergies renouvelables électriques.

Alors que la France garde son bonnet d’âne européen en matière d’énergies renouvelables, se classant ainsi parmi les derniers pays du continent européen, l’Hexagone persévère dans l’erreur industriel que constitue le tout-nucléaire.

Ce pari fou est d’autant plus risqué en période de forte inflation qui va nécessiter une augmentation significative de l’endettement de l’opérateur historique. Par son unilatéralisme nucléaire, le gouvernement est en train de passer complètement à côté de la révolution énergétique qui conduit la plupart des grands pays européens à réduire significativement leurs émissions de gaz à effet de serre, tout en franchissant la barre symbolique des 50 % de leur électricité produite à partir d’énergies renouvelables.

C’est déjà le cas de douze pays du continent européen dont la Norvège, l’Autriche, le Danemark, la Suède, la Suisse, la Lettonie, la Croatie, le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne et la Roumanie. Pendant que la France parie sur une technologie atomique qui mobilisera plus de 100 milliards d’euros et produira ses premiers kilowattheures entre 2037 et 2050, l’Europe réussit à se libérer de l’atome tout en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre ici et maintenant.

Pour Stéphen Kerckhove, Directeur général d’Agir pour l’Environnement et auteur du livre Nucléaire : On arrête tout et on réfléchit ! (ed. Rue de l’échiquier), « l’addiction au tout-nucléaire semble être une drogue dure dont le gouvernement n’arrive pas à se sevrer, et ce, alors-même que les exemples de nos voisins européens démontrent chaque jour l’impasse dans laquelle la France se précipite. ».

Agir pour l’Environnement appelle le gouvernement à la raison, ce qui passe notamment par la nécessité de prendre le train des énergies renouvelables, en renonçant à l’unilatéralisme atomique.


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