Agir pour l’environnement confirme la présence de la molécule chimique 6PPD dans les six pneus analysés et répond aux critiques
Communiqué de presse
Publiée le 24 mars 2026Ce mardi 24 mars, Agir pour l’environnement a ajouté des annexes à son rapport d'analyses publié en novembre 2025 sur la composition chimique des pneus. Ces nouveaux éléments mettent en évidence la molécule chimique 6PPD dans les pneus analysés, une substance récemment reconnue par la littérature scientifique comme extrêmement toxique pour les milieux aquatiques. Agir pour l'environnement souhaite également répondre aux critiques formulées par l’industrie pneumatique.
Agir pour l'environnement diffuse une mise à jour de son rapport sur la composition des pneus le 24 mars, date à laquelle le National Institute for Public Health and the Environment (RIVM) et l’Umweltbundesamt (UBA) présentent les contributions recueillies dans le cadre de l’appel à preuves sur une future restriction du 6PPD au titre du règlement REACH, auquel l'association a contribué.
La 6PPD, une molécule extrêmement toxique
Dans ces résultats complémentaires, Agir pour l’environnement confirme la présence de la molécule chimique 6PPD dans les six pneus analysés, une substance reconnue comme extrêmement toxique pour les milieux aquatiques et potentiellement néfaste pour la santé humaine. Aux États-Unis, un procès a d'ailleurs débuté début 2026 contre 13 fabricants de pneus, dont Michelin, accusés par des pêcheurs d’avoir provoqué la mort de populations entières de saumons.
La réponse d'Agir pour l'environnement aux critiques
Par ailleurs, Agir pour l'environnement a souhaité répondre aux critiques faites par l'industrie pneumatique quant à la pertinence de la méthodologie d'analyse employée.
Selon le Syndicat du Pneu, l'utilisation d'une technique de pyrolyse à 600 °C, qui nous a permis d'identifier les composants présents dans la gomme des pneumatiques, ne reflèterait pas les conditions réelles d'usage des pneus sur la route. Or, cette méthode d'analyse standard est utilisée par les industriels eux-mêmes pour vérifier la composition des gommes qu’ils commercialisent. De plus, 48 % des pneus usagés finissent incinérés, donc à des températures au moins égales à 600°C.
Par ailleurs, nous publions les résultats des analyses menées à 40 et 80 °C. Ceux-ci mettent en évidence la présence de nombreuses molécules chimiques toxiques pour l’être humain et les milieux aquatiques, dont le 6PPD. Ces molécules sont extrêmement volatiles à des températures correspondant aux conditions réelles d’utilisation des pneus sur la route ou lors de leur stockage.
Les demandes d'Agir pour l'environnement
Au regard de ces éléments, Agir pour l’environnement demande à ce que la molécule 6PPD soit immédiatement inscrite sur la liste des substances restreintes par le règlement européen REACH, afin qu’elle ne puisse plus être utilisée dans la production de pneus, protégeant ainsi les citoyens européens et les milieux aquatiques.
Contacts presse
- Oliver CHARLES I Coordinateur des campagnes climat, énergie et transports chez Agir pour l'environnement
- Stéphen KERCKHOVE I Directeur général d'Agir pour l'environnement