Bilan électrique 2025 : un quart des réacteurs atomiques mobilisés pour l'exportation
Communiqué de presse
Publiée le 3 mars 2026Année après année, le Réseau de Transport de l’Électricité (RTE) dresse, dans son bilan électrique 2025, le constat d'une très grande stabilité de la consommation électrique hexagonale, tout en renouvelant son pari d'une hypothétique explosion de la demande à venir. Agir pour l'environnement demande à RTE de revoir ses hypothèses de consommation et exige des pouvoirs publics l’adoption d’une stratégie alignée avec les impératifs de sobriété énergétique.
Une augmentation de la consommation électrique toujours annoncée mais jamais vérifiée
Mélangeant allègrement hypothèses et conclusions, le Réseau de Transport de l’Électricité, filiale d’EDF dont le budget est indexé à la quantité d’électrons qui emprunte son réseau électrique, poursuit inlassablement ses scénarios performatifs pariant sur une explosion de la consommation électrique qui n’advient pourtant jamais.
Par cécité ou idéologie, RTE enjoint les pouvoirs publics à investir sans compter dans des projets atomiques dont les coûts pourraient avoisiner les 200 milliards d’euros, selon une enquête d'Alternatives Économiques, supposés répondre à une demande qui n'existe pas et n'existera pas.
À titre d’exemple, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) envisage de porter la production électrique hexagonale à 693 TWh en 2035 contre à peine 453 TWh en 2023, soit une augmentation envisagée de plus de 23 TWh/an durant une décennie. Entre 2000 et 2025, la consommation électrique française a pourtant baissé de 3,8 TWh, marquant une très grande stabilité qui invalide les hypothèses gouvernementales farfelues sur lesquelles s’appuie la PPE3.
L’exportation croissante de l'électricité française
La seule façon d’équilibrer une offre toujours plus excédentaire et une consommation atone, c’est de parier sur une augmentation des exportations sans précédent qui relèvent d’une grande braderie électrique. En 2025, EDF a ainsi exporté 92,3 TWh d’électricité (soit près du quart de sa production nucléaire), exportations qui ont rapporté 5,4 milliards d’euros à cet opérateur.
Le kWh électrique d’EDF est exporté au prix de 0,0585 euro, soit le tiers du prix réglementé facturé aux consommateurs français.
Les demandes d'Agir pour l'environnement
- Un véritable débat démocratique autour du programme de nouveaux réacteurs nucléaires en France.
- Une priorisation des politiques de sobriété énergétique en France, plutôt qu’une croissance électrique irréaliste.
Contacts Presse
- Oliver CHARLES I Coordinateur des campagnes climat, énergie et transports chez Agir pour l'environnement
- Stéphen KERCKHOVE I Directeur général d'Agir pour l'environnement