Cadmium : coupable mais toujours pas responsable ?

Actualité

Publiée le 27 mars 2026

Malgré le dernier rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) alertant sur la surexposition des Français au cadmium, substance cancérigène, les pouvoirs publics s’obstinent à repousser le problème. 

Cadmium : coupable mais toujours pas responsable ?

En juillet 2025, Agir pour l’environnement, le CRIIGEN et l’association Santé, Droit et Société interpellaient, par l’entremise de leur avocate Corinne Lepage, la ministre de l’agriculture afin d’obtenir une baisse des valeurs limites en cadmium contenu dans les engrais et boues de station d’épuration épandues sur les sols agricoles. 

Faute de réponse de la ministre de l’agriculture (sans doute trop occupée à soutenir la réautorisation des insecticides « tueurs d’abeilles »), nous avons décidé de saisir le Conseil d’État.

Le cadmium, une substance dangereuse

Le cadmium est classé par l’Organisation mondiale de la Santé comme « cancérigène certain » depuis 1993. Chaque année en France, ce sont 16 000 cas de cancer du pancréas, mortel dans 90% des cas, qui seraient très majoritairement imputables à une exposition au cadmium. Plus d'un tiers des enfants dépasserait la dose journalière tolérable via la consommation de céréales, pâtes et autres pommes de terre non bio.

La population française surexposée au cadmium

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a publié le 25 mars 2026 un nouveau rapport, dans lequel elle confirme « une surexposition de la population française au cadmium par l’alimentation » et recommande « d’appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes épandues sur les sols agricoles. »

Face aux dangers du cadmium, l'inaction des pouvoirs publics

Le même jour, le ministère de l’agriculture répondait enfin aux associations requérantes en adressant au Conseil d’État un mémoire en défense dans lequel il affirme que le gouvernement s’apprête à publier deux arrêtés réduisant les valeurs limites aux niveaux préconisés par l’ANSES mais seulement… en 2038 !

Face à cette urgence sanitaire, le gouvernement estime être en mesure d’appliquer une recommandation formulée en 2019 par l’ANSES en 2038. Près de 20 ans de délai ! Et pendant ce temps, l’imprégnation de la population française se poursuit et s’accroît chaque jour un peu plus.

De l’amiante au sang contaminé, en passant par le chlordécone, et désormais le cadmium... la responsabilité pénale des pouvoirs publics doit être questionnée.

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