Cadmium partout, réglementation nulle part

Communiqué de presse

Publiée le 25 mars 2026

Des analyses réalisées en 2025 par un laboratoire indépendant à la demande d'Agir pour l'environnement ont détecté du cadmium dans l'intégralité des produits testés, notamment des aliments très prisés des enfants comme Chocapic, Nesquik et Banania, les biscuits BN et Prince, des brioches Pasquier et Harrys, de la farine Francine ou des pains à burger McDonalds. L'ANSES confirme cette exposition généralisée des Français, qui est supérieure au reste de l'Europe.

Cadmium partout, réglementation nulle part

Ce mercredi 25 mars, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) publie ses nouvelles préconisations pour réduire l'exposition des Français au cadmium. En s'appuyant sur des analyses concordantes avec les alertes de l'ANSES, l'association Agir pour l'environnement rappelle l'urgence d'écouter les avis scientifiques et de modifier les pratiques agricoles.

Le cadmium est un « métal lourd » qui s'accumule dans les sols et dans les organismes vivants, et dont la présence dans les produits alimentaires provoque de nombreuses maladies graves. En particulier, il est classé « cancérigène certain » selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et il est mis en cause dans l'augmentation préoccupante des cancers du pancréas.

La source principale de cadmium dans l'alimentation est la contamination des sols agricoles par les engrais phosphatés utilisés en agriculture conventionnelle. Si la France a des taux de cadmium 3 à 4 fois supérieurs à celui des pays voisin, c'est parce que nos seuils de tolérance du cadmium dans les engrais phosphatés (90 mg par kilo) sont supérieurs au maximum européen (60 mg), lui-même pourtant insuffisamment protecteur.

L'ANSES préconise de n'autoriser que les phosphates contenant moins de 20 mg de cadmium par kilo. Il y a donc urgence à légiférer pour ajuster les seuils français aux alertes scientifiques, comme le ministre de l'agriculture s'y était engagé il y a plus de deux ans - sans concrétisation. La France doit d'urgence modifier ses approvisionnements en engrais, en cessant d'importer des phosphates d'Afrique du Nord très chargés en cadmium, au profit de gisements plus sains situés en Norvège, Finlande et Brésil (ce qui évite de tomber dans la dépendance aux engrais russes).

À moyen terme, il est indispensable de modifier les pratiques agricoles (fertilisation par les déjections animales, implantation de cultures favorisant les mycorhizes et la mobilisation du phosphore « bloqué » du sol). Comme le rappelle Jacques Caplat, agronome et coordinateur des campagnes « agriculture et alimentation » au sein d'Agir pour l'environnement, « il faudra à terme que l'agriculture apprenne à se passer des engrais phosphatés, en s'inspirant des alternatives trouvées par l'agriculture biologique, qui les interdit depuis toujours et qui a démontré son efficacité à l'échelle planétaire ».


Contacts presse

  • Jacques CAPLAT I Coordinateur des campagnes agriculture et alimentation chez Agir pour l'environnement
  • Stéphen KERCKHOVE I Directeur général d'Agir pour l'environnement

Cadmium partout, réglementation nulle part

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