Cantines bio : Agir pour l’environnement dénonce une triple illégalité
Communiqué de presse
Publiée le 8 janvier 2026Les bilans annuels de la mesure « cantines bio » de la loi Égalim sont cinglants. Alors que les cantines publiques doivent obligatoirement acheter au moins 20 % de leurs aliments en agriculture biologique depuis janvier 2022, l'analyse des données issues des rapports officiels démontre la mauvaise volonté des acteurs locaux et la démission totale de l'État, selon Agir pour l'environnement.
Comme la seule disposition réellement respectée du volet « cantines bio » de la loi Égalim est l'obligation faite à l'État de publier un bilan annuel, il est instructif d'étudier les résultats des années 2022, 2023 et 2024 (dernière année disponible) :
- trois ans après l'échéance légale, seuls 40 % des établissements renseignent leurs données dans le site obligatoire ma-cantine (21 479 télédéclarations, concernant 33 797 sites de restauration)[1] ;
- parmi les établissements ayant déclaré leurs données, seuls 44 % atteignent ou dépassent le minimum légal de 20 % d'aliments biologiques ;
- plus le nombre d'établissements déclarant s'élève, plus le taux de bio des « bons élèves qui déclarent » diminue (13,1 % en 2022, 12,1 % en 2023, 11,8 % en 2024)[2].
Ces éléments démontrent que les données collectées par le site institutionnel ma-cantine font l'objet d'un biais puissant : seuls les « bons élèves » se donnent la peine de renseigner le site, ce qui conduit à une surestimation importante du taux de bio. Une estimation plus large intégrant les établissements non déclarants a conduit l'Agence Bio à conclure que le taux national réel est de l'ordre de 6 à 7 %.
Il est inadmissible que plus de la moitié des cantines publiques continuent de bafouer la loi : en n'atteignant pas le seuil réglementaire de 20 % d'achats en bio, en ne renseignant pas leurs données sur le site ma-cantine et en n'affichant pas leur pourcentage de bio et de durable à l'entrée de leur établissement.
Selon Agir pour l'environnement, l'État français porte la plus grande part de responsabilité : il lui revient de donner aux cantines les outils pour adapter leurs pratiques, de faciliter l'accès aux filières biologiques et d'établir un plan pluriannuel de conversion. En l'absence de toute action incitative ou sanction envers les contrevenants, le gouvernement méprise l'échelon législatif et fragilise les institutions républicaines.
[1] Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, Bilan statistique annuel 2025 de l’application des objectifs d’approvisionnement fixés à la restauration collective, rapport du gouvernement au Parlement n°32 (2025-2026).
[2] Rapports 2023, 2024 et 2025.
Contact presse
- Jacques CAPLAT I Coordinateur des campagnes agriculture et alimentation chez Agir pour l'environnement