EPR de Flamanville : un réacteur loin de tenir ses promesses

Communiqué de presse

Publiée le 24 septembre 2026

Selon une analyse faite par Agir pour l’environnement à partir des données de production du réseau de transport d'électricité (RTE), l'EPR de Flamanville a été arrêté à treize reprises en 22 mois. Depuis sa première connexion au réseau, le 21 décembre 2024, la production journalière de ce réacteur a été négative durant 275 jours sur 628, soit 44 % du temps. Un nouvel arrêt est prévu dès le 26 septembre et ce pour près d'un an.

EPR de Flamanville : un réacteur loin de tenir ses promesses

L'EPR de Flamanville : un réacteur arrêté plus de la moitié du temps

L’analyse des données horaires de production de RTE est encore plus sévère : sur les 17 239 heures étudiées, 8 959 heures, soit 51,97 %, présentent une production négative. Cette intermittence est d'autant plus problématique que pour compenser une chute soudaine de production, des capacités de production à partir de gaz ou de fioul sont parfois déployées.

L'argument de la régularité et la production continue d'électricité, souvent mis en avant pour justifier le recours aux EPR, apparaît ainsi fortement mis à mal par les données observées à Flamanville.

La puissance réelle de l'EPR de Flamanville est inférieure aux attentes

La puissance maximale théorique annoncée par la Société française d'énergie nucléaire (SFEN) est de 1 669 mégawatts bruts pour environ 1 620 MW nets injectés sur le réseau. Pourtant, selon les données analysées, l’EPR n’a atteint que, au maximum, une puissance de 1 599 MW et ce durant quelques heures seulement. Cette différence peut sembler faible, mais elle affecte substantiellement la production réelle du réacteur et donc sa rentabilité théorique.

Et le calendrier ne va pas améliorer ce bilan : à partir du 26 septembre, Flamanville 3 sera arrêté pour au moins 350 jours, soit près d’une année entière.

Nucléaire : quelles conclusions tirer de l'exemple de Flamanville ?

Pour Agir pour l’environnement, ces chiffres rappellent qu’un réacteur ne peut pas être jugé sur sa seule puissance théorique. L’EPR est présenté comme le fleuron de l’industrie nucléaire française, censé justifier la construction de six à quatorze réacteurs EPR2 dans les prochaines années. Mais derrière les chiffres affichés, la réalité de Flamanville est celle d’un réacteur qui se trouve régulièrement à l’arrêt et dont la puissance dépasse rarement les 1 500 MW.

Photo de l'EPR de Flamanville en 2023, JKremona, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.


Contacts presse

  • Oliver CHARLES I Coordinateur des campagnes climat, énergie et transports chez Agir pour l'environnement

  • Stéphen KERCKHOVE I Directeur général d'Agir pour l'environnement

EPR de Flamanville : un réacteur loin de tenir ses promesses

Restons mobilisés

Grâce à nos lettres d'information suivez nos actions et les résultats des campagnes.