Scénarios de consommation électrique : après des années d’erreurs, RTE contraint de revoir ses prévisions
Communiqué de presse
Publiée le 7 avril 2026Depuis 2023, Agir pour l’environnement alerte sur le caractère irréaliste des projections de consommation électrique avancées par le Réseau de Transport d’Électricité (RTE). À travers plusieurs communiqués et travaux d’analyse, l’association dénonce des hypothèses systématiquement orientées à la hausse, en décalage croissant avec la réalité observée.
La hausse de la consommation électrique largement surestimée par RTE
Les faits sont aujourd’hui sans appel : alors que RTE anticipait une consommation comprise entre 580 et 640 TWh à l’horizon 2035, la consommation électrique française stagne depuis plusieurs années autour de 440 à 450 TWh. En 2024 comme en 2025, elle s’est établie à 449 TWh (corrigée des aléas météorologiques), confirmant une tendance durable à la stabilisation, voire à la baisse par rapport aux niveaux d’avant 2020.
Depuis 2023, Agir pour l’environnement pointe l’écart entre ces projections et la trajectoire réelle, soulignant qu’atteindre de tels niveaux supposerait une augmentation annuelle inédite et jamais observée. Ces scénarios « performatifs » ont pourtant servi à justifier des choix structurants, notamment la relance du nucléaire, au risque de surdimensionner le système électrique.
RTE ouvre une consultation publique pour réactualiser ses prévisions
Dans ce contexte, l’ouverture par RTE, le 3 avril 2026, d’une consultation publique sur la réactualisation de son étude « Futurs énergétiques 2050 » constitue une évolution bienvenue. Cette démarche doit permettre de revoir en profondeur les hypothèses de consommation, en intégrant les dynamiques réelles : sobriété énergétique, évolution des usages, contraintes économiques et effets du changement climatique.
Les demandes d'Agir pour l'environnement
Agir pour l’environnement appelle à une remise à plat complète des scénarios et réaffirme la nécessité de fonder les choix énergétiques sur des données robustes et transparentes. Persister à surestimer la consommation reviendrait à engager des investissements massifs et risqués, notamment dans le nucléaire, au détriment des priorités écologiques et sociales.
Contacts Presse
- Oliver CHARLES I Coordinateur des campagnes climat, énergie et transports chez Agir pour l'environnement
- Stéphen KERCKHOVE I Directeur général d'Agir pour l'environnement